samedi 4 avril 2009

vendredi 3 avril 2009

On a tous besoin d’un Monsieur Gagné

J’ai assisté au spectacle annuel de l’école secondaire où j’enseignais il y a quelques années. Des numéros de danse, de chants, de comédie. Un spectacle typique, diraient certains.

Sauf que c’était tout sauf typique. C’était émouvant à en pleurer. Parce que mené par un enseignant qui investit sa joie et sa foi dans la beauté humaine comme certains investissent la colère dans leurs dénonciations. Et si ces derniers en retirent un soulagement éphémère, il n’appartient qu’à eux. Mais le premier, qui aura mieux compris, retire de son investissement, accrues de façon exponentielle parce qu’appartenant à tous ceux qui se sont engagés avec lui, la joie et la foi des élèves en leur propre beauté et en celle des autres.

Cet enseignant, je le connais depuis longtemps, mais je le découvre toujours un peu plus dans les yeux et les gestes de ses élèves. Ce que je découvre, en outre, c’est toute l’intelligence pédagogique et humaine qui lui permet de créer la situation d’apprentissage parfaite – authentique, parce que c’est leur vie qu’il met sur scène; significative, parce que ce sont eux qui créent et se créent en même temps et que les contraintes artificielles de la classe sont tombées pour laisser place à une citoyenneté de la scène qui rendrait n’importe quel philosophe politique jaloux.

Je ne sais pas comment il fait pour parcourir ce chemin à leur côté. Je sais toutefois qu’il a créé un lieu où chacun s’est senti capable, compétent, valorisé, beau, créatif, artiste, puissant.

C’était beau à en faire mal.


Merci Mathieu