J'aime les élections, en outre pour l'exercice de la citoyenneté, mais également pour les occasions d'apprentissage qu'elles représentent.
Voici une situation d'apprentissage intéressante à réaliser avec les communiqués de presse des différents partis. Ce qui est génial, c'est qu'ils sont tous disponibles en ligne sur les sites des partis.
En équipe de 4, vous devez analyser les messages suivants et formuler une alternative neutre pour chaque message.
Avant de commencer cette activité, voici deux définitions du concept de propagande.
1. Action exercée sur l’opinion pour l’amener à avoir certaines idées politiques et sociales, à soutenir une politique, un gouvernement, un représentant.
2. Tentative délibérée d'influencer des attitudes et des croyances pour promouvoir sa cause ou porter dommage à la cause d'un adversaire.
Les propagandistes font appel à des arguments qui ne sont pas toujours véridiques. Bien que leur effet est de convaincre l’auditoire, leurs outils sont ceux de la manipulation, souvent émotionnelle. Voici quelques techniques utilisées par les propagandistes :
1. La peur : un public qui a peur est plus facilement manipulé par des appels à la protection et à la sécurité.
2. Appel à l'autorité : citer des personnages importants pour appuyer des gestes ou des idées apporte une certaine légitimité aux propos.
3. Témoignage: les témoignages sont des mentions, parfois hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter les idées ou les gestes. Ils confèrent un air de vérité au message.
4. Effet moutonnier : afin de persuader l'auditoire d’adhérer à une idée, on le persuade que la majorité adhère déjà à cette idée et qu’il faut se ranger avec eux pour être du côté gagnant.
5. Redéfinition, révisionnisme : technique selon laquelle on redéfinit des mots ou on réécrit l'histoire d’un événement afin de le rendre plus favorable aux propos défendus.
6. Obtenir la désapprobation: mener un auditoire à croire que des personnes sans scrupules, amorales ou méprisables soutiennent une idée qu’on tente de défaire.
7. Généralités éblouissantes et mots vertueux : le recours à des principes qui font appel aux émotions de l’auditoire, comme l’amour des enfants, la justice, l’égalité, la liberté etc., dont l’image est toujours positive manipulent l’auditoire à associer les principes à ceux qui les mentionnent.
8. Imprécision intentionnelle: consiste à se servir de faits ou de statistiques hors-contexte, ou de les déformer, sans en indiquer la source, donnant ainsi au message un air scientifique incontestable.
9. Transfert: technique selon laquelle on projette des qualités (positives ou négatives) d’une personne ou d’une institution, d’un programme sur quelqu’un d’autres, afin de le ridiculiser ou de le rendre plus attrayant.
10. Quidam: emploi du niveau de langage et des manières de l’auditoire moyen, soit ceux d’une personne ordinaire et accessible, dans le but de lui faire croire que le message est véhiculé par une personne qui lui ressemble, donc qui partage ses intérêts.
11. Stéréotyper ou étiqueter : cette stratégie fait appel aux préjugés et aux stéréotypes de l'auditoire afin qu’il rejette une idée ou une personne .
12. Bouc émissaire: accuser un groupe d’être responsable d’un problème réel ou perçu afin de simplifier le problème et détourner l’attention pour ne pas avoir à s’engager dans l’analyse de la situation.
13. Slogans : un slogan est une brève expression, qui est reconnue et mémorisée facilement.
14. Glissement sémantique : recours aux euphémismes pour vider une expression de son sens réel ou pour réduire la charge émotive qui y est associée ou à l’inverse, la renforcer.
(Adapté de Chomsky, Noam. De la propagande, Fayard, 2002.)
Ces méthodes se résument en fait en termes de leviers :
1. Levier d’adhésion : sert à faire accepter une personne, une idée ou un parti comme « bon » en l’associant à des mots ou symboles «bons »
2. Levier de rejet : sert à faire rejeter une personne, une idée ou un parti en l’associant à des symboles du mal ou de valeurs détestées.
3. Levier d’autorité : sert à conférer la légitimité à l’idée, à la personne, en se servant du prestige d’une personne ou d’une institution.
4. Levier de conformité : fait appel au sentiment d’appartenance commune à une institution, à une religion, à un pays pour obtenir l’adhésion.
Pour chacun des communiqués, identifiez les leviers et techniques utilisés par les auteurs. Ensuite, reformulez le message au neutre.
lundi 8 septembre 2008
Hilarante éducation aux médias

Target women
De petits clips qui ont le mérite de nous rappeler pourquoi l'éducation féministe a aussi sa raison d'être !
J'ai ri !
En anglais seulement, mais bon... Je vois des activités de compréhension orale vraiment intéressantes à faire avec les élèves en anglais langue seconde- peut-être aussi des capsules s'inspirant de ce modèle en production orale. Le sujet ne manque pas d'intérêts pour eux, la présentatrice est jeune, cool et sarcastique à point et le vocabulaire est vraiment accessible. À noter qu'il y a une douzaine de capsules, toutes aussi drôles et offrant matière à réflexion sur la façon dont nous sommes manipulés en tant que consommateurs et consommatrices de messages publicitaires et même politiques !
lundi 1 septembre 2008
Le progrès d'une société se mesure par le bien-être de la jeunesse
Maudit que ça va mal, dans ce cas-là !
Dans un discours récent, Henry Giroux soulignait que l'on évaluation la démocratie des sociétés selon le bien-être de ses jeunes membres et la façon dont elles voient leurs responsabilités planétaires envers les générations futures.
Si c'est vrai, notre société a de sérieux besoins de réajustements !
«I believe that any talk about the future has to begin with the issue of youth, who more than any other group, embody the projected desires, dreams, and commitment of society’s obligations to the future. This recognition echoes a classical principle of modernity in which youth both symbolized society’s responsibility to the future and offered a measure of its progress. Youth in this instance provides a moral and political referent for how we translate the future and assume a large measure of responsibility for providing the resources, social provisions, and modes of education that enable young people to work toward the promise of an inclusive, sustainable, and peaceful global democracy. Within such a project, democracy is measured by the well-being of youth, while the status of how a society imagines the promise of democracy is contingent on how it views its planetary responsibility towards future generations.
As you well know, the futures we inherit are not of our own making, but the futures we create for generations of young people who follow us arise out of our ability to imagine a better world, recognize our responsibility to others, and define the success of a society to the degree that it can address the needs of coming generations to live in a world in which the obligations of a global democracy and individual responsibility mutually inform each other. »
Dans un discours récent, Henry Giroux soulignait que l'on évaluation la démocratie des sociétés selon le bien-être de ses jeunes membres et la façon dont elles voient leurs responsabilités planétaires envers les générations futures.
Si c'est vrai, notre société a de sérieux besoins de réajustements !
«I believe that any talk about the future has to begin with the issue of youth, who more than any other group, embody the projected desires, dreams, and commitment of society’s obligations to the future. This recognition echoes a classical principle of modernity in which youth both symbolized society’s responsibility to the future and offered a measure of its progress. Youth in this instance provides a moral and political referent for how we translate the future and assume a large measure of responsibility for providing the resources, social provisions, and modes of education that enable young people to work toward the promise of an inclusive, sustainable, and peaceful global democracy. Within such a project, democracy is measured by the well-being of youth, while the status of how a society imagines the promise of democracy is contingent on how it views its planetary responsibility towards future generations.
As you well know, the futures we inherit are not of our own making, but the futures we create for generations of young people who follow us arise out of our ability to imagine a better world, recognize our responsibility to others, and define the success of a society to the degree that it can address the needs of coming generations to live in a world in which the obligations of a global democracy and individual responsibility mutually inform each other. »
dimanche 31 août 2008
En deuil
Orlando Fals Borda, sociologue colombien, décédé il y a quelques jours déjà.
Je l'ai connu grâce à Marta Anadon.
Il retrace l'histoire de son oeuvre dans l'excellent Action Research Handbook de Reason et Bradbury. Il a établi de solides remparts contre le positivisme.
"Do not monopolise your knowledge nor impose arrogantly your techniques, but respect and combine your skills with the knowledge of the researched or grassroots communities, taking them as full partners and co-researchers. Do not trust elitist versions of history and science which respond to dominant interests, but be receptive to counter-narratives and try to recapture them. Do not depend solely on your culture to interpret facts, but recover local values, traits, beliefs, and arts for action by and with the research organisations. Do not impose your own ponderous scientific style for communicating results, but diffuse and share what you have learned together with the people, in a manner that is wholly understandable and even literary and pleasant, for science should not be necessarily a mystery nor a monopoly of experts and intellectuals." Fals Borda, cité dans The Guardian.
C'est une de mes principales sources d'inspiration, qu'il s'agisse de recherche, d'enseignement ou de vie :
«We feel there is still a need for active crusaders and heretics for the great adventure of people's emancipation, in order to break the exploitative ethos that has permeated the world with poverty, oppression and violence for much too long.» Fals Borda, dans Reason et Bradbury, p. 32
Nous voilà avec un merveilleux hérétique en moins.
Je l'ai connu grâce à Marta Anadon.
Il retrace l'histoire de son oeuvre dans l'excellent Action Research Handbook de Reason et Bradbury. Il a établi de solides remparts contre le positivisme.
"Do not monopolise your knowledge nor impose arrogantly your techniques, but respect and combine your skills with the knowledge of the researched or grassroots communities, taking them as full partners and co-researchers. Do not trust elitist versions of history and science which respond to dominant interests, but be receptive to counter-narratives and try to recapture them. Do not depend solely on your culture to interpret facts, but recover local values, traits, beliefs, and arts for action by and with the research organisations. Do not impose your own ponderous scientific style for communicating results, but diffuse and share what you have learned together with the people, in a manner that is wholly understandable and even literary and pleasant, for science should not be necessarily a mystery nor a monopoly of experts and intellectuals." Fals Borda, cité dans The Guardian.
C'est une de mes principales sources d'inspiration, qu'il s'agisse de recherche, d'enseignement ou de vie :
«We feel there is still a need for active crusaders and heretics for the great adventure of people's emancipation, in order to break the exploitative ethos that has permeated the world with poverty, oppression and violence for much too long.» Fals Borda, dans Reason et Bradbury, p. 32
Nous voilà avec un merveilleux hérétique en moins.
Souhaits pour la rentrée
Pour la rentrée, je souhaite…
- que les enseignants se souviennent de la magie des découvertes et du bonheur que provoquent les mots d’encouragement et de félicitations;
- que les directions reconnaissent que la magie de la classe et de l’école découle de l’esprit d’une communauté solidaire, qui fait preuve de délicatesse et de confiance envers tous ses membres, qui reconnaît que la diversité et le chaos humains sont à accueillir à bras ouverts, non à bannir en faveur de la norme et de la règle;
- que les parents sachent que l’on est amoureux de notre travail et de nos élèves, que l’on fait ce qu’on peut mais qu’on a toujours besoin de leur appui;
- que les parents voient leurs enfants comme autant de joyaux précieux et uniques et que la préservation de cette unicité est le meilleur rempart contre le cynisme, les identités étouffées, la sujétion à un système qui objectifie l’humain, la perte du soi réel, etc.
- que les élèves sachent qu’ils ont des droits, parmi lesquels se trouvent la protection contre la violence symbolique et réelle du système capitaliste actuel, qui se traduit souvent à l’école par un appel à la compétition, au triomphe du plus fort, au rendement comme gage de réussite, à la conformité comme gage d’adaptation
- que tous ces acteurs résistent et reconnaissent l’école comme lieu de reproduction potentielle, certes, mais aussi comme lieu premier (noyau) de rupture avec le statut quo.
Bonne rentrée à tous… n’hésitez pas « Speak up, even if your voice shakes»
- que les enseignants se souviennent de la magie des découvertes et du bonheur que provoquent les mots d’encouragement et de félicitations;
- que les directions reconnaissent que la magie de la classe et de l’école découle de l’esprit d’une communauté solidaire, qui fait preuve de délicatesse et de confiance envers tous ses membres, qui reconnaît que la diversité et le chaos humains sont à accueillir à bras ouverts, non à bannir en faveur de la norme et de la règle;
- que les parents sachent que l’on est amoureux de notre travail et de nos élèves, que l’on fait ce qu’on peut mais qu’on a toujours besoin de leur appui;
- que les parents voient leurs enfants comme autant de joyaux précieux et uniques et que la préservation de cette unicité est le meilleur rempart contre le cynisme, les identités étouffées, la sujétion à un système qui objectifie l’humain, la perte du soi réel, etc.
- que les élèves sachent qu’ils ont des droits, parmi lesquels se trouvent la protection contre la violence symbolique et réelle du système capitaliste actuel, qui se traduit souvent à l’école par un appel à la compétition, au triomphe du plus fort, au rendement comme gage de réussite, à la conformité comme gage d’adaptation
- que tous ces acteurs résistent et reconnaissent l’école comme lieu de reproduction potentielle, certes, mais aussi comme lieu premier (noyau) de rupture avec le statut quo.
Bonne rentrée à tous… n’hésitez pas « Speak up, even if your voice shakes»
mardi 26 août 2008
Dumont s'inspire de Gordon Brown
Avant les déclarations de Dumont ce matin sur le besoin de ramener les équipes sportives et la discipline à l'école afin de combattre la délinquance, le premier ministre du Royaume-Uni, Gordon Brown, proposait de réinstaurer la compétitivité via les sports à l'école. Ses arguments sont euh.... faibles ? (lire crétins)
"We want to encourage competitive sports in schools, not the 'medals for all' culture we have seen in previous years," he said. "It was wrong because it doesn't work. In sport you get better by challenging yourself against other people. A lot of sports are team games where people have to work together but they play against other teams."
Brown said the government had now begun to "correct the tragic mistake of reducing the competitive element in school sports".
By 2012 there will be a generation of children inspired by our heroes in Beijing. We've now got 19 gold medals, this is a new opportunity to follow in their footsteps," Brown said. The proposal would "contribute towards the legacy" of the London Olympics.
Plans are also under way for a new website for school sports where teams will be able to compare their performance in nationwide league tables.
Defending the decision to include contact sports such as boxing and martial arts in the list of activities that will be available to children, Brown said: "I have met quite a lot of amateur boxers. At one of the clubs I said to one of the young guys there who I'd been told had been in some trouble in the past: 'Tell me, what's the most important thing you have learned here'. His answer was 'discipline'."
Ah... moi qui croyait qu'il fallait plus de coopération, moins de compétition.
Le modèle capitaliste appliqué aux activités sportives des élèves. Ça donne quoi, encore ? Peut-être que Brown devrait lire la recherche de Roché, lui aussi.
"We want to encourage competitive sports in schools, not the 'medals for all' culture we have seen in previous years," he said. "It was wrong because it doesn't work. In sport you get better by challenging yourself against other people. A lot of sports are team games where people have to work together but they play against other teams."
Brown said the government had now begun to "correct the tragic mistake of reducing the competitive element in school sports".
By 2012 there will be a generation of children inspired by our heroes in Beijing. We've now got 19 gold medals, this is a new opportunity to follow in their footsteps," Brown said. The proposal would "contribute towards the legacy" of the London Olympics.
Plans are also under way for a new website for school sports where teams will be able to compare their performance in nationwide league tables.
Defending the decision to include contact sports such as boxing and martial arts in the list of activities that will be available to children, Brown said: "I have met quite a lot of amateur boxers. At one of the clubs I said to one of the young guys there who I'd been told had been in some trouble in the past: 'Tell me, what's the most important thing you have learned here'. His answer was 'discipline'."
Ah... moi qui croyait qu'il fallait plus de coopération, moins de compétition.
Le modèle capitaliste appliqué aux activités sportives des élèves. Ça donne quoi, encore ? Peut-être que Brown devrait lire la recherche de Roché, lui aussi.
Enseigner le concept d'évolution aux enfants des créationistes
...pas un mandat facile. Mais depuis que la Floride, ainsi que d'autres états américains ont imposé l'enseignement de l'évolution aux élèves du secondaire, c'est le mandat de plusieurs enseignants.
J'ai trouvé cette perle dans Le New York Times
With a mandate to teach evolution but little guidance as to how, science teachers are contriving their own ways to turn a culture war into a lesson plan. How they fare may bear on whether a new generation of Americans embraces scientific evidence alongside religious belief.
“If you see something you don’t understand, you have to ask ‘why?’ or ‘how?’ ” Mr. Campbell often admonished his students at Ridgeview High School.
Yet their abiding mistrust in evolution, he feared, jeopardized their belief in the basic power of science to explain the natural world — and their ability to make sense of it themselves.
Passionate on the subject, Mr. Campbell had helped to devise the state’s new evolution standards, which will be phased in starting this fall. A former Navy flight instructor not used to pulling his punches, he fought hard for their passage. But with his students this spring, he found himself treading carefully, as he tried to bridge an ideological divide that stretches well beyond his classroom.
A Cartoon and a Challenge
He started with Mickey Mouse.
On the projector, Mr. Campbell placed slides of the cartoon icon: one at his skinny genesis in 1928; one from his 1940 turn as the impish Sorcerer’s Apprentice; and another of the rounded, ingratiating charmer of Mouse Club fame.
“How,” he asked his students, “has Mickey changed?”
Natives of Disney World’s home state, they waved their hands and called out answers.
“His tail gets shorter,” Bryce volunteered.
“Bigger eyes!” someone else shouted.
“He looks happier,” one girl observed. “And cuter.”
Mr. Campbell smiled. “Mickey evolved,” he said. “And Mickey gets cuter because Walt Disney makes more money that way. That is ‘selection.’ ”
Il y a du jus dans cette leçon, les amis...
J'ai trouvé cette perle dans Le New York Times
With a mandate to teach evolution but little guidance as to how, science teachers are contriving their own ways to turn a culture war into a lesson plan. How they fare may bear on whether a new generation of Americans embraces scientific evidence alongside religious belief.
“If you see something you don’t understand, you have to ask ‘why?’ or ‘how?’ ” Mr. Campbell often admonished his students at Ridgeview High School.
Yet their abiding mistrust in evolution, he feared, jeopardized their belief in the basic power of science to explain the natural world — and their ability to make sense of it themselves.
Passionate on the subject, Mr. Campbell had helped to devise the state’s new evolution standards, which will be phased in starting this fall. A former Navy flight instructor not used to pulling his punches, he fought hard for their passage. But with his students this spring, he found himself treading carefully, as he tried to bridge an ideological divide that stretches well beyond his classroom.
A Cartoon and a Challenge
He started with Mickey Mouse.
On the projector, Mr. Campbell placed slides of the cartoon icon: one at his skinny genesis in 1928; one from his 1940 turn as the impish Sorcerer’s Apprentice; and another of the rounded, ingratiating charmer of Mouse Club fame.
“How,” he asked his students, “has Mickey changed?”
Natives of Disney World’s home state, they waved their hands and called out answers.
“His tail gets shorter,” Bryce volunteered.
“Bigger eyes!” someone else shouted.
“He looks happier,” one girl observed. “And cuter.”
Mr. Campbell smiled. “Mickey evolved,” he said. “And Mickey gets cuter because Walt Disney makes more money that way. That is ‘selection.’ ”
Il y a du jus dans cette leçon, les amis...
Inscription à :
Articles (Atom)
