mardi 9 juin 2009

et que se replier sur une mémoire collective, c'est nier l'histoire

et le pouvoir d'action de tous, et le rejet de la possibilité de s'inscrire dans l'histoire en tant que sujets, je propose Meirieu, (2007). Pédagogie : le devoir de résister. Issy-les –Moulineaux : ESF Éditeur.

«Dans les situations d’inquiétude majeure [telle que celle qui caractérise l’Occident actuel], les «discours de la décadence» font toujours recette. Ce sont des discours qui placent l’âge d’or en amont et ne nous proposent que d’y revenir. À l’opposé des «discours de la révolte», ils obturent le futur et interdisent d’imaginer d’autres alternatives au présent que ce qui aurait déjà existé. De plus, ils empêchent de regarder le passé du point de vue de l’Histoire : en ontologisant des formes données d’organisation, ils ne permettent ni de comprendre en quoi elles ont été un progrès, ni pourquoi elles peuvent devenir des obstacles pour avancer. La nostalgie du passé est toujours corollaire d’un refus de l’Histoire

Parce que l'endoctrinement n'est pas un cours d'histoire

J'ai répondu au soi-disant Rapport Courtois à l'émission Dimanche magazine, à la radio de Radio-Canada. Soi-disant, parce qu'il ne s'agit pas d'une recherche, mais d'un pamphlet, tout au plus - pas de cadre théorique ou conceptuel, rien n'est défini, pas de méthodologie, même pas un saut dans le domaine de l'éducation alors qu'il s'agit d'une critique virulente d'un curriculum. Bref, rien qui ne puisse conférer à ce travail quelle que crédibilité scientifique qu'il soit.

Aux faux débats que cet écrit tente de susciter entre connaissances et compétences, je réplique par la plume d'Olivier Reboul, qui lui aura pris une vie à réfléchir à la question de l'éducation (contrairement aux auteurs du pamphlet, qui ne semblent pas avoir réfléchi du tout) :

«Un enseignement qui prend la liberté pour fin est celui qui donne à ses élèves non des performances mais une compétence, c’est-à-dire le pouvoir de réaliser un nombre indéfini de performances imprévisibles et pourtant adaptées à la situation.
[…] De même pour l’éducation morale ; la seule digne de ce nom est celle qui ne se contente pas d’inculquer de bonnes conduites mais qui développe la responsabilité et l’autonomie. Ce qui distingue l’enseignement de l’endoctrinement, ce n’est pas que ce dernier soit mensonger, c’est qu’il empêche l’élève de chercher et d’apprendre par lui-même, qu’il réprime la pensée.

Ce qui nous montre, a contrario, que l’enseignement véritable ne va pas sans le développement de l’esprit critique, autrement dit sans le risque que nos élèves finissent pas penser autrement que nous. Bref, une éducation qui prend la liberté pour fin est celle qui donne aux éduqués le pouvoir de se passer de maîtres, de poursuivre par eux-mêmes leur propre éducation, d’acquérir par eux-mêmes de nouveaux savoirs et de trouver leurs propres normes. [...] du moment que la liberté est une fin, elle doit être aussi un moyen privilégié de l'éducation
» (Le Langage de l'éducation, 1984 : 158-159).

Vous voulez un peuple libre et autonome, Monsieur Courtois, ou asservi à une idéologie dont il ne pourra jamais comprendre les fondements, même s'il oeuvre à mémoriser tous les faits que vous souhaitez lui «transmettre» dans un enseignement tout droit sorti des écoles des Frères de l'Instruction publique ? Comment pourront-ils même formuler des arguments ou disposer des outils intellectuels nécessaires à la défense de votre projet ?

Peut-être est-ce là l'idée de l'équipe du Rapport - empêcher les jeunes de penser et de réfléchir par eux-mêmes, de peur qu'ils ne pensent pas comme eux ?

samedi 4 avril 2009

Katleen, Patrice et Paul vous présentent des activités pédagogiques


... en univers social, dans l'Infobourg de l'éducation.

Bravo !

vendredi 3 avril 2009

On a tous besoin d’un Monsieur Gagné

J’ai assisté au spectacle annuel de l’école secondaire où j’enseignais il y a quelques années. Des numéros de danse, de chants, de comédie. Un spectacle typique, diraient certains.

Sauf que c’était tout sauf typique. C’était émouvant à en pleurer. Parce que mené par un enseignant qui investit sa joie et sa foi dans la beauté humaine comme certains investissent la colère dans leurs dénonciations. Et si ces derniers en retirent un soulagement éphémère, il n’appartient qu’à eux. Mais le premier, qui aura mieux compris, retire de son investissement, accrues de façon exponentielle parce qu’appartenant à tous ceux qui se sont engagés avec lui, la joie et la foi des élèves en leur propre beauté et en celle des autres.

Cet enseignant, je le connais depuis longtemps, mais je le découvre toujours un peu plus dans les yeux et les gestes de ses élèves. Ce que je découvre, en outre, c’est toute l’intelligence pédagogique et humaine qui lui permet de créer la situation d’apprentissage parfaite – authentique, parce que c’est leur vie qu’il met sur scène; significative, parce que ce sont eux qui créent et se créent en même temps et que les contraintes artificielles de la classe sont tombées pour laisser place à une citoyenneté de la scène qui rendrait n’importe quel philosophe politique jaloux.

Je ne sais pas comment il fait pour parcourir ce chemin à leur côté. Je sais toutefois qu’il a créé un lieu où chacun s’est senti capable, compétent, valorisé, beau, créatif, artiste, puissant.

C’était beau à en faire mal.


Merci Mathieu

dimanche 8 mars 2009

Journée internationale des femmes


j'aurais voulu parler des femmes qui ont changé le monde... Sophie de Condorcet, Olympe de Gouges, Louise Michel, Mariana Grajales, Rosa Luxembourg, Margaret Mead, Clara Zetkin, Mother Jones, Isabel Rielo, Meena, Simone et Simonne...

... mais il y a trop à faire pour que l'on puisse s'arrêter plus qu'un très court instant.

Une lutte qui appelle à la mobilisation immédiate :
1. Aidez-nous à revendiquer le renvoi du nouvel ambassadeur du Mexique au Canada, Francisco Javier Barrio Terrazas, ancien gouverneur de l'état du Chihuahua. «Depuis plusieurs années, la Fédération des femmes du Québec, avec plusieurs autres organisations formant le Comité québécois de solidarité avec les femmes de Ciudad Juárez, sommes intervenues publiquement à différentes reprises auprès des gouvernements canadien et mexicain au sujet des disparitions, agressions et assassinats de jeunes femmes qui se produisent, depuis le début des années 1990, à Ciudad Juárez, dans l’état de Chihuahua au Mexique. Au moins 400 assassinats de femmes ont été documentés et, à ce jour, la situation de violence et d’insécurité envers les femmes perdure, au point où on parle de féminicide.»

[...] durant son mandat, alors que le nombre d’assassinats de jeunes femmes a augmenté, M. Barrio a déclaré qu’il était « naturel » que ces femmes, jeunes pour la plupart, soient assassinées, parce qu’elles fréquentaient des lieux obscurs et se vêtaient de façon provocante.»

Ani di Franco disait «i will not rest a wink until the women have regrouped»

On attend quoi ?

vendredi 6 mars 2009

jeudi 5 mars 2009

Pour comprendre la guerre en Afghanistan (selon Foglia)

Une analogie vraiment intéressante pour comprendre la guerre en Afghanistan, courtoisie de Pierre Foglia.